Déclaration liminaire du PM Imprimer Envoyer
Écrit par La Redaction du Journal   
Mardi, 06 Juillet 2010 15:15

 

A l'occasion des 100 jours passés à la tête du Gouvernement, le Premier Ministre, Son Excellence M. Emmanuel Nadingar a fait une déclaration à la presse. Ci-après, en intégralité le texte du discours.

 

 

 

 

 

 

Mesdames et messieurs les journalistes,

Le Gouvernement du 09 mars 2010,  dont Son Excellence, Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, m’a confié la direction, la coordination et l’animation, a franchi le cap des 100 jours, après son investiture par l’Assemblée Nationale, suite à l’approbation unanime de son programme politique par les députés tant de la majorité présidentielle que de l’opposition démocratique.

C’est un Gouvernement de consensus national qui devait, dans son programme politique, présenté devant la représentation nationale, s’attaquer aux actions d’urgence, notamment :

  • la paix et la sécurité,
  • la famine,
  • la cherté de vie,
  • la crise énergétique,
  • la dégradation de l’environnement,
  • la mise en œuvre de l’accord politique du 13 aout 2007 par le déclenchement du processus devant conduire, dans la paix, aux prochaines échéances électorales.

 

Parallèlement aux actions d’urgence, tous les engagements du Gouvernement précédent pour le développement et la modernisation de notre pays, doivent être tenus dans la continuité de l’Etat, c’est-à-dire, les chantiers initiés doivent démarrer ; les chantiers en cours ou entamés doivent  être poursuivis et finalisés  tandis que les études pour de nouveaux projets et programmes d’investissements doivent continuer  inlassablement dans le cadre de la mise en œuvre du mandat social de Son Excellence , Monsieur le Président de la République ; étant entendu  que le programme politique du Gouvernement s’intègre dans celui  du Chef de l’Etat et de son mandat social.

 

 

Mesdames et messieurs les journalistes,

Après 100 jours, il est désormais de tradition démocratique qu’un Gouvernement, qu’un Premier-ministre, Chef du gouvernement, Coordonnateur de l’action gouvernementale, donne des indications sur son action et ouvre de nouvelles perspectives à la lumière des évaluations nécessaires, tant de l’action entreprise pendant cette période, que des réalités, des écueils et des potentialités nationales.  

 

Ainsi, après l’investiture de notre Gouvernement, notre action, a-t-elle été,  de prendre rapidement la mesure exacte  des réalités de terrain, faire l’évaluation de nos ressources financières et humaines sans lesquelles toute action est vaine, visiter les chantiers en cours d’exécution, rencontrer les travailleurs  sur leur lieu de  travail afin de les mobiliser et de les encourager, au besoin, pour un rendement plus probant.

 

Après N’Djaména, nous sommes allés  au contact des populations, en sillonnant 16 des 22 régions pour écouter la grande majorité des Tchadiens pour lesquels le Gouvernement doit agir et apprécier non seulement les besoins essentiels exprimés, mais aussi mettre en adéquation l’ampleur de ces besoins et les moyens réellement mobilisables de l’Etat.

 

C’est vous dire, mesdames et messieurs les journalistes, qu’après ces 100 jours, mon Gouvernement  a pris la mesure des problèmes et des réalités politiques, économiques et sociaux du pays , dans leur complexité et leurs urgences, des moyens disponibles, aussi , bien entendu, que des difficultés qu’il faut maintenant affronter avec détermination pour la suite de l’exécution du programme politique du Gouvernement.

 

En termes d’actions d’urgence, nous dirons que le plus déterminant de notre action consiste à renforcer la paix et la sécurité. A cet égard, le retour dans la grande famille de nombreux Tchadiens, hier en rébellion armée, ainsi que des opposants politiques venant de l’Extérieur, nous amène à affirmer qu’un pas significatif a été fait pendant ces cent premiers jours de notre Gouvernement. Ce long processus ayant permis la concrétisation de ce pas tient à la politique patiente et déterminée, de la main tendue de Son Excellence, Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat.

 

En matière de paix et de sécurité, malgré certaines affirmations alarmistes, les tournées à l’intérieur du pays ont permis de constater que l’insécurité dans les campagnes, les conflits intercommunautaires, les conflits éleveurs agriculteurs, et les difficultés de cohabitation ont nettement baissé de fréquences et d’intensité pendant la période des 100 jours considérés, mais là encore, il s’agit d’un travail de longue haleine dont il faut saluer les acteurs locaux ainsi que les forces de défense et de sécurité, mieux sensibilisées, mieux encadrées, mieux équipées. Les chefs traditionnels et les associations de la société civile, dans la plupart des régions ont reconnu publiquement cette nette amélioration de la situation sécuritaire dans le pays.

 

L’amélioration de la situation sécuritaire dans le pays tient aussi du dégel intervenu dans les relations entre le Tchad et le Soudan grâce à l’offre historique de paix faite au Gouvernement soudanais par le Président Idriss Deby ITNO en se rendant à Khartoum. C’est dans cette dynamique qu’il faut comprendre le départ de la MINURCAT  négocié  avec l’ONU. Cette dynamique de la paix permettra à terme d’organiser le retour des déplacés tchadiens dans  leur terroir et les réfugiés soudanais qui le souhaitent de retourner dans leur pays.

 

Sur le plan politique, l’action du Gouvernement en ces 100 premiers jours a consisté essentiellement à  poursuivre et à finaliser la mise en œuvre de l’Accord politique du 13 Aout 2007. La CENI et ses démembrements ont été installés dans le temps requis ainsi que le Bureau permanent des élections. Le Gouvernement a décaissé les fonds nécessaires au démarrage du processus électoral. C’est ainsi que le grand défi du recensement électoral vient d’être relevé. En attendant la publication officielle des résultats du recensement électoral par la CENI, les premières estimations de ce recensement tournent autour de 95 %. Ceci est à mettre à l’actif de notre Gouvernement qui a tout mis en œuvre pour permettre à la CENI d’accomplir  cette première phase cruciale du processus devant conduire aux  prochaines élections.

 

L’urgence des urgences à laquelle le Gouvernement s’est attaqué pendant ces 100 premiers jours est la question de la famine qui a frappé de façon inquiétante certaines régions dont le Kanem, le Lac, le Batha, le Wadi Fira, le Guera, le Ouaddaï notamment. Avec l’aide de nos partenaires traditionnels, le Gouvernement n’a pas lésiné sur les moyens pour fournir l’aide attendue aux victimes concernées. Le Gouvernement a ensuite autorisé la vente subventionnée des denrées de premières nécessités pour faire face à la fois à la famine et à la cherté de vie. Le Gouvernement a ainsi honoré l’engagement pris devant la représentation nationale en matière de lutte contre la famine et la cherté de vie. Avant toute autre considération, il était essentiel de donner d’abord à manger et à boire à la population. Bien entendu, la question de l’eau nécessitant des forages et creusements de puits  n’est pas totalement résolue dans certaines régions, mais des actions sont en cours pour assurer de l’eau potable à tous les Tchadiens et des abreuvoirs aux bétails. A propos de l’eau, il est important de savoir que dans le Batha et le Guéra des centaines de forages sont en cours de réalisation grâce au concours des partenaires et en particulier de l’Union européenne. En outre un vaste programme d’hydraulique pastorale touchant d’autres régions va être incessamment lancé.

 

Le Gouvernement s’est aussi attaqué avec détermination à la crise énergétique. La production de l’électricité qui était autour de 20 mégawatts a augmenté de façon sensible pour atteindre maintenant 40 mégawatts dont 33  sont distribués du fait de la faiblesse du réseau. Un  développement de réseau supplémentaire permettra dans les jours à venir de libérer les 7,5 mégawatts. Même si la question des délestages intempestifs est en voie de résolution, elle reste d’actualité. En scindant la production d’eau de la production d'électricité à travers deux nouvelles entreprises et en accélérant la construction de la mini raffinerie, le Gouvernement s’emploie à résoudre dans le court terme cette question de la crise énergétique.

 

La question de la cherté de vie dans sa globalité est tributaire du libéralisme économique conditionnant la logique de l’offre et de la demande que régit la loi du marché. Toutefois, l’Etat dans son rôle de régulation doit intervenir pour combattre la spéculation sur les produits de premières nécessités et faire respecter les prix arrêtés de commun accord avec les opérateurs économiques. C’est dans ce cadre que le Gouvernement a pris des mesures pour lever les barrières anarchiques, supprimer les faux frais qui grèvent le coût des marchandises, défiscaliser les produits de premières nécessités afin de rendre accessibles les produits aux consommateurs. Tout le monde ne joue malheureusement pas le jeu, mais ces mesures ont permis de stabiliser les prix sur les marchés qui sont restés au même niveau que celui de l’année dernière.  

 

Le gouvernement continue donc la sensibilisation tout en renforçant la direction du contrôle des prix. Pour ce qui concerne spécifiquement, les matériaux de construction, notre visite sur le site de la cimenterie de Baoré, dans la Région du Mayo Kebi Ouest, nous rassure quant à la disponibilité d’un ciment moins cher  prochainement sur le marché national. 

 

 

Mesdames et messieurs les journalistes,

Le Gouvernement a assuré la régularité des salaires  des agents de l’Etat. Les fonctionnaires tchadiens ne connaissent pas de retard de salaire aujourd’hui. Il faudrait le reconnaitre. Tout comme nous pouvons assurer que malgré la crise de la filière coton, les arriérés de paiement du coton enlevé auprès des paysans par la Cotontchad viennent d’être honorés dans la plupart des cas. Il en est de même des arriérés de pensions presque totalement payés pour 2008 et 2009, et le 1er trimestre de 2010. Tous ces efforts du Gouvernement entrent dans le cadre de la lutte contre la cherté de vie et de la mise en œuvre du mandat social du Chef de l’Etat. Mais pour lutter de façon plus durable contre la cherté de vie, le Gouvernement vise l’accroissement de la production alimentaire dans les zones à hautes potentialités agro pastorales.

    

 

Concernant l’une des urgences qui concerne la protection de l’environnement, le Gouvernement, tout en poursuivant les actions entreprises par le Gouvernement précédent, a réajusté l’action de la brigade de protection de l’environnement afin de lever certaines équivoques et certains dérapages ayant entraîné le mécontentement dans le milieu rural. Le constat est fait après les tournées à l’intérieur du pays que les paysans s’attèlent normalement à leurs activités agricoles. Presque toutes les régions se sont mises à la production des pépinières pour la prochaine campagne de reboisement. Certaines  vont même ravitailler d’autres dans le cadre de la solidarité nationale. C’est donc tout le Tchad qui est prêt à prendre sa part à la construction de la Grande  Muraille Verte dont le sommet vient de se tenir dans notre pays.

 

Mesdames et messieurs les journalistes,

Rappelez-vous, le Gouvernement est mis en place le 09 mars, c’est-à-dire en cours d’exécution budgétaire. Entretemps, la fluctuation  des cours du pétrole sur le marché international, a réduit du coup, les recettes prévues dans le cadre de ce budget pour soutenir le fonctionnement régulier de l’Etat et les investissements prévus dans les secteurs prioritaires. Malgré cette situation financière assez difficile, tous les chantiers ouverts sont en exécution. Un collectif budgétaire est en préparation pour  des réajustements nécessaires. Surtout que les recettes hors pétrole ont tendance à s’améliorer.  Le Tchad restera un grand chantier auquel le Gouvernement doit s’atteler  désormais avec plus de rationalité et d’efficacité pour des résultats plus probants dont nous nous  retrouverons le moment venu pour en faire le bilan.

 

En attendant, 100 jours à la tête du Gouvernement, j’affirme que le Tchad se porte bien  et de mieux en mieux. Nous n’avons pas fait qu’inaugurer les chrysanthèmes comme certains l’affirment, peut-être de bonne foi. Le dynamisme de notre action diplomatique avec les grands sommets qui se succèdent dans notre capitale prouve  que le Tchad a changé d’image. L’image d’un pays démocratique qui jette les jalons sûrs de sa modernisation.

 

Je suis fier de diriger ce Gouvernement, dans ce contexte d’espoirs et d’espérance. Et je suis à votre disposition pour répondre à vos questions, tout en vous remerciant de l’opportunité que vous m’offrez à travers ces 90 mn avec la presse.

 

Et merci de votre aimable attention. 

 

Mise à jour le Mardi, 13 Juillet 2010 21:47
 
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